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  QUEL TYPE D’ANESTHESIE GENERALE EN URGENCE CHEZ LE PATIENT ALLERGIGUE?
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  Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet medmatiq Index du Forum » Médecine » 2èm cycle " 3 , 4 et 5 ème année " » Anesthésie -Réanimation
    
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Placebo
Emerald
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MessagePosté le: Jeu 16 Oct - 21:05 (2008) Répondre en citant

   Peu de sujets ont entraîné autant d’avis divergents que la prise en charge anesthésique du patient 
allergique. Les prises de position nombreuses mais ne reposant pas toujours sur des preuves scientifiques ont pu faire croire à certains anesthésistes que le risque allergique serait majeur en oubliant que les complications d’une intubation difficile ou d’une inhalation lors de l’induction font courir au patient un risque au moins aussi important. La Société Française d’Anesthésie et de réanimation a organisé et présenté en 2001 des recommandations pour la pratique clinique sur la « Prévention du risque allergique peranesthésique » . Ces recommandations ont pour principal but de standardiser le diagnostic et la prise en charge en cas de réaction allergique peranesthésique. D’autre part, la conférence de consensus de juillet 1999 a fait le point sur les effets et les indications de la curarisation en anesthésie. Elle recommande sans aucune ambiguïté l’utilisation des techniques de « crash induction » avec la succinylcholine en cas d’anesthésie générale chez le patient à l’estomac plein. La difficulté majeure reste le cas du patient allergique ou présumé allergique, présentant un estomac plein et devant être opéré en urgence. Après avoir présenté les différents types de réactions allergiques et les agents incriminés, nous envisagerons plusieurs cas de figure en fonction des médicaments en cause et du terrain. 
 
1. Mécanismes 
   Les réactions anaphylactiques observées avec les agents anesthésiques sont liés à la présence 
d’IgE spécifiques qui vont venir se fixer sur les récepteurs spécifiques membranaires des mastocytes et 
des basophiles circulants ainsi que sur les plaquettes en cas d’exposition à l’agent concerné. Les réactions cliniques observée en anesthésie ont une traduction clinique nette en raison de l’administration intraveineuse des agents anesthésiques ce qui entraîne une libération majeure de médiateurs tels l’histamine, la tryptase, les prostaglandines et les leucotriènes. Le choc anaphylactique est la forme la plus grave de l’anaphylaxie. 
 
   De nombreux produits utilisés en anesthésie sont capables de produire des anticorps IgE. Il peut 
s’agir des curares 62 %) quels qu’ils soient, des agents anesthésiques intraveineux voire des 
benzodiazépines ou des morphinomimétiques . En dehors des agents anesthésiques proprement dits, 
on peut citer les gélatines, l’aprotinine, la protamine et les antibiotiques. Ces derniers sont impliqués de 
plus en plus souvent et ce quel que soit le pays concerné, la fréquence variant de 8 % à 24 % . Une 
explication serait le développement de l’antibioprophylaxie dans de nombreux types de chirurgie, 
l’antibiotique étant administré en intraveineux dans les minutes précédant ou suivant l’induction de 
l’anesthésie. Enfin la responsabilité du latex est régulièrement retrouvée avec un fréquence comprise entre 12 et 16%. L’existence de réactions croisées entre curares, y compris de familles chimiques différentes, ou entre antibiotiques s’explique par l’existence d’une partie allergénique commune entre différentes substances . Plus récemment c’est la chlorhexidine qui a été reconnue responsable de plusieurs accidents anaphylactiques peranesthésiques . Elle serait même la première cause d’accident allergique peropératoire au Danemark . 
 
   A l’opposé, l’histaminolibération non spécifique n’est qu’une exagération de l’effet pharmacologique 
du produit utilisé. Cette réaction non liée aux anticorps peut avoir lieu en dehors de toute exposition
préalable à l’agent. Bien que discuté, il semblerait que l’histaminolibération puisse être plus marquée en 
cas de terrain atopique. En revanche, la vitesse d’administration ou la dose utilisée influencent l’importance de l’histaminolibération . L’histaminolibération pharmacologique entraîne des signes cliniques moindres que ceux rencontrés lors d’un accident allergique vrai. Les signes peuvent aller d’une simple rougeur ou d’une éruption urticarienne le long de la veine à une éruption généralisée, un collapsus cardiovasculaire ou un bronchospasme. Les agents le plus souvent en cause sont les curares de la famille des benzylisoquinolines (atracurium, mivacurium), le thiopental, le propofol, la morphine et les gélatines. Il faut garder à l’esprit qu’un agent responsable d’histaminolibération non spécifique peut être à l’origine d’un accident allergique lié aux IgE. 
 
   L’activation du complément n’est que rarement en cause lors des accidents anesthésiques. Elle 
peut se rencontrer avec les dextrans, la protamine ou les produits iodés de contraste.
3. Conduite de l’anesthésie 
 
  Plusieurs situations très différentes peuvent se rencontrer lors de l’anesthésie en urgence d’un 
patient présentant un estomac plein. On peut schématiquement séparer le patient ayant présenté un accident allergique peranesthésique à un agent qui a été identifié, le patient allergique vrai à des agents 
étrangers à l’anesthésie et enfin le patient suspect d’allergie. 
 
3.1 allergie à un agent anesthésique 
 
   La première situation est celle d’un patient présentant une allergie vraie aux curares avec une carte 
précisant les agents en cause. Il s’agit donc d’un patient qui a été testé. A partir du moment ou la 
succinylcholine n’apparaît pas dans les agents responsables d’allergie, celle ci peut être employée dans le cadre d’une « crash induction » typique telle qu’elle est recommandée dans la conférence de consensus sur la curarisation. En cas de doute on peut envisager en raison du terrain allergique une anesthésie locorégionale si elle est possible techniquement et acceptée par le patient. Cette technique n’est pas une parade absolue en raison du risque d’hypotension et/ou de malaise vagal à l’origine de vomissements. La sédation intraveineuse sera proscrite. 
 
  En cas d’allergie à la succinylcholine, l’alternative recommandée est l’association propofol-alfentanil 
ou propofol-rémifentanil tout en sachant qu’il faut une dose minimale de respectivement 30 μg/kg 
d’alfentanil ou 2 μg/kg de rémifentanil pour obtenir des conditions d’intubation à 1 minute proches de celles procurées par la succinylcholine . Il faut savoir que le recours à cette technique va entraîner une baisse d’au moins 20% de la pression artérielle et un certain degré d’incompétence des voies aériennes supérieures pouvant durer plus d’une heure . Cette technique qui n’a jamais été évaluée dans le cadre de l’estomac plein n’est pas exempte de risques vu l’effet émétisant de l’alfentanil ou du rémifentanil. Si le patient est en mauvais état général (ASA 3 ou 4) une intubation première sous contrôle fibroscopique peut être envisagée tout en sachant qu’il n’est pas toujours facile de disposer du matériel dans le cadre de l’urgence et que cette technique nécessite une pratique régulière. Certains ont proposé l’utilisation de rocuronium qui permet d’obtenir de bonnes conditions d’intubation dans un délai proche de celui observé avec la succinylcholine (60 à 90 secondes). Il faut garder en mémoire que le risque majeur est celui d’une intubation difficile imprévue sur un estomac plein. Cette technique est à réserver, à priori, aux patients ayant déjà eu des anesthésies générales sans problèmes. Heier a récemment attiré l’attention sur le risque de bronchospasme lié à la précipitation du thiopental par l’administration simultanée de rocuronium . 
 
   Cette technique ne doit être retenue que de façon exceptionnelle, il est impératif de bien rincer la ligne 
d’administration après le thiopental et avant l’injection de rocuronium. Dans la dernière série française, le rocuronium serait plus souvent en cause dans la survenue d’accidents allergiques que les autres curares, ce qui n’est pas été confirmé par les séries australiennes et danoises. 
  Une situation plus difficile est celle d’un patient informant qu’il a présenté un accident allergique lors 
d’une précédente anesthésie et ne se souvenant pas de l’agent en cause. Si le patient ne se souvient pas de l’agent précis en cause mais évoque une allergie au curare, il est licite d’éviter la succinylcholine à l’induction en raison du risque d’allergies croisées. Plusieurs solutions peuvent être envisagées. Si une technique d’anesthésie loco-régionale est possible elle sera proposée et recommandée au patient tout en se méfiant des vomissements possibles après anesthésie rachidienne d’où l’abstention d’une sédation complémentaire. Quand une anesthésie générale est rendue nécessaire par le geste chirurgical ou le terrain du patient (anesthésie rachidienne et prise d’anticoagulants), on utilisera l’association propofolalfentanil, propofol-rémifentanil voire une intubation première sous contrôle fibroscopique. Si les tests cutanés étaient négatifs aux curares, le risque allergique est faible et la succinylcholine peut être employée. Dans tous les en urgence, quand il n’existe pas d’agent causal clairement identifié il est plus prudent de travailler dans un environnement sans latex , voire d’éviter toute utilisation d’agents histaminolibérateurs et de chlorhexidine. 
 
3.2 notion d’allergie à un médicament non impliqué en anesthésie 
 
  En revanche les antécédents allergiques, en dehors des agents employés en anesthésie, ne sont pas une contre indication à l’utilisation de succinylcholine car le pourcentage d’allergie aux curares n’est pas plus élevé dans une population d’allergiques que dans une population témoin. Comme le souligne les 
recommandations pour la pratique clinique, un patient atopique et/ou allergique à un produit qui ne sera 
pas utilisé pendant l’anesthésie ne doit pas être considéré comme à risque d’anaphylaxie peranesthésique. Il est cependant recommandé d’aborder le problème au cas par cas. Le patient 
allergique à une seule substance ou un seul médicament pourra bénéficier d’une « crash induction » 
conventionnelle. En revanche en cas de terrain polyallergique, avec mise en cause de plusieurs familles 
médicamenteuses, il est recommandé de considérer le sujet comme à risque et d’éviter si possible la 
succinylcholine en recourant aux techniques alternatives précédemment discutées. L’attention peut être 
attirée par une notion d’eczéma de contact ou d’éruption cutanée au contact d’agents cosmétiques, de 
produits d’entretien ménagers ou de lessive. De tels antécédents peuvent faire évoquer une allergie aux 
ammoniums quaternaires et une éventuelle allergie aux curares. 
 
   En cas de patient ne se souvenant pas avec précision s’il est allergique, combien de patients 
parlent d’allergie, en cas de simple intolérance à un médicament, il peut être recommandé après un 
interrogatoire soigneux de se rapporter à la conduite recommandée au paragraphe précédent. 
 
Au total, ce qui est demandé à l’anesthésiste dans ce type de situation c’est d’apprécier le
rapport bénéfice-risque de chaque technique anesthésique. Ainsi on ne blâmera jamais un anesthésique qui a décidé chez un patient allergique à des agents non anesthésiques d’avoir employé de la succinylcholine. En effet le risque allergique aux curares de 1/13000 est probablement inférieur à celui du risque de survenue d’une inhalation ou de vomissements favorisés par une stimulation répétée des structures pharyngo-laryngées sans même évoquer le risque de lésions dentaires. De nombres études ont d’ailleurs clairement démontré que le risque d’inhalation pouvait atteindre 15% en cas d’intubation par une technique autre que la « crash induction » chez le patient à l’estomac plein (14). En revanche chez un patient polyallergique la prudence s’impose et toutes les alternatives à la « crash induction » devront être envisagées en terme de rapport bénéfice-risque. Il est également recommandé à l’anesthésiste de justifier dans la feuille pré anesthésique les éléments l’ayant amené à retenir une technique donnée par rapport à une autre. 
 
 

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MessagePosté le: Jeu 16 Oct - 21:05 (2008)

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MessagePosté le: Jeu 16 Oct - 22:50 (2008) Répondre en citant

très bon travail Placebo (y) Merci !

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MessagePosté le: Mer 28 Jan - 17:48 (2009) Répondre en citant

merci c tres interessant bravo

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MessagePosté le: Mer 28 Jan - 18:22 (2009) Répondre en citant

Bienvenue Sony


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MessagePosté le: Jeu 29 Jan - 19:37 (2009) Répondre en citant

thanks

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MessagePosté le: Aujourd’hui à 05:53 (2016)

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